L'aïkido (合気道) est un art martial japonais moderne fondé au XXe siècle par O-Sensei Morihei Ueshiba. Son nom peut être traduit par "la voie (dō) de l’union (ai) des énergies (ki)". Cet art martial puise principalement ses racines dans le Daitō-ryū jūjutsu de Sokaku Takeda, ainsi que dans des écoles traditionnelles d’armes comme Hōzōin-ryū (lance) et Shinkage-ryū (sabre).
La pratique
L’aïkido se distingue des autres arts martiaux japonais par l’absence de compétition. Il se pratique en binôme : un partenaire attaque tandis que l’autre exécute des techniques de projection ou d’immobilisation. L’apprentissage commence sous forme de katas (séquences codifiées) pour aller ensuite vers des exercices plus libres, développant fluidité, précision et maîtrise du timing.
Le Kishinkai (喜振会) est une école d'aikido fondée par Léo Tamaki, Issei Tamaki, Julien Coup et Tanguy Le Vourc'h.
Pourquoi parler d'école ? Parce qu'il ne s'agit pas d'une fédération, où plus ou moins tous les courants sont acceptés tant qu'il existe un dénominateur commun, et parce qu'il ne s'agit pas d'une koryu, où seule la façon de faire du maître est correcte. Dans une école, chacun peut faire sa propre recherche sur la base de principes fondamentaux communs, d'une éthique partagée et d'une même direction de travail. Celle-ci peut être définie brièvement par la recherche d'une efficacité martiale grâce à la modification de l'utilisation du corps.
Le nom de l'école est composé de trois kanjis 喜 : se réjouir, 振 : approfondir et 会 : le groupe, l'école. Le Kishinkai est donc l'école dans laquelle les adeptes approfondissent la voie dans la joie.
Le Kishinkai aikido se caractérise par l'influence de différentes maîtres : Tamura Nobuyoshi en aïkido, Kuroda Tetzuzan du Shinbukan Kuroda dojo, Hino Akira du Hino Budo Institute et Kono Yoshinori.
Brièvement, le contexte de travail consiste à considérer que le partenaire/adversaire est plus grand, plus fort, plus rapide, etc. Malgré ce départ fortement défavorable, l'entrainement vise à permettre au pratiquant de faire pourtant preuve de bienveillance dans l'exécution des techniques. Pour renverser la situation, l'aïkidoka du Kishinkai s'appuiera sur un travail sur la lecture de l'intention, le relâchement et la mobilité. Il n'est donc pas question d'utiliser la force musculaire !
Les techniques sont réalisées en privilégiant la création du déséquilibre plutôt que l'application de contraintes. Au-delà de l'intérêt martial, cette pratique détend et relâche les tensions. Pour entrer plus en détails dans les spécificités techniques, je vous renvoie vers l'article très complet d'Arnaud Lejeune.
Du fait de la forte influence du Shinbukan sur notre aikido, notre pratique est très marquée par le travail des armes et notamment du bokuto (sabre de bois).
Le travail des armes occupe depuis toujours une place au cœur de la pratique de notre aïkido. Principalement le sabre, qui est à l'origine de l'état d'esprit et des principes qui régissent notre vision de l'aïkido.
Pour aller plus loin dans l'approfondissement de ce travail, une discipline à part entière a été développée : le Kenjutsu. En Kenjutsu, le sabre et son dégainage occupe toujours une place importance, mais au cours de son cursus, le pratiquant étudie également le sabre court (kodachi / wakizachi), le double sabre, le bâton...
Si comme dans toutes les écoles d'armes, l'apprentissage commence par la répétition de gestes simples et d'enchainements codifiés (katas), nous souhaitons développer les acquis du pratiquant au travers d'un travail plus libre.
Pour compléter ce texte qui ne peut que partiellement décrire la richesse de la pratique, voici la vidéo d'une belle démonstration de notre pratique par Léo Tamaki, Issei Tamaki,
Germain Chamot et Alex Grzegorczyk.
/!\ si à un niveau avancé, la pratique peut se faire sur presque toute surface comme dans cette démonstration,
les entrainements ont bien lieu sur tatami
